Parcoursup a ouvert le lundi 19 janvier, obligeant tous les lycéens de France à se concentrer sur leurs vœux et leurs dossiers. Chaque année, les associations membres du réseau Benenova reçoivent des mails de lycéens et de lycéennes souhaitant s’engager bénévolement avant le dépôt de leur dossier, dans l’espoir de renforcer leur candidature.
Mais cette stratégie est-elle réellement efficace ?
L’engagement des lycéens, une demande croissante mais complexe
Anaïs, coordinatrice de Benenova Lille, le constate chaque année : des parents de lycéens appellent durant l’année de terminale pour trouver des missions de bénévolat pour leurs enfants. Or, s’engager avant 18 ans reste compliqué, entre contraintes légales, disponibilité limitée des structures et nécessité d’un encadrement.
Dans le même temps, Parcoursup invite explicitement les lycéens à valoriser leurs engagements extrascolaires.
Chez Benenova, cette volonté de reconnaître l’engagement des jeunes se traduit concrètement : il est possible de s’engager dès 5 ans accompagné d’un adulte, et dès 16 ans avec une autorisation parentale.
Est-ce une bonne chose de s’engager uniquement pour son orientation ?
Pour Joëlle Alazard, professeure en classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand, la réponse est claire : « Cela ne remplace pas les notes et les commentaires des professeurs mais cela peut être un plus. »
Autrement dit, l’engagement associatif ne compense pas un dossier scolaire fragile. Et lorsqu’il semble opportuniste ou artificiel, il peut perdre de sa valeur.
Toutefois, un engagement authentique fait réellement la différence
Joëlle Alazard apporte une nuance : « Un engagement bénévole révèle souvent des qualités précieuses : sens des responsabilités, capacité à gérer son temps, maturité et ouverture au monde. »
« Je pourrais faire ça toute ma vie plutôt que d’aller à l’école ! »
Le baromètre France Bénévolat 2025 montre que l’engagement des 18–35 ans est au même niveau que celui des plus de 65 ans. Cela indique une tendance claire : les jeunes s’engagent, et pas uniquement à cause de Parcoursup.
Noëlatti, engagée à Benenova Marseille, en témoigne : « Je suis contente que mon aide soit bénéfique pour d’autres personnes. Je fais du bénévolat car j’ai toujours aimé découvrir de nouvelles personnes, ne pas m’arrêter à des barrières. Je ne fais pas ça pour me dire que je vais être la sauveuse de quelqu’un, mais pour être une nouvelle amie et rencontrer des personnes que j’aide. »
Le bénévolat n’est alors pas un levier professionnel ou universitaire, mais un moyen de se sentir utile, de faire des rencontres et d’aider. Noëlatti ajoute : « Le bénévolat m’apporte un sentiment d’humanité et de bonheur. Je vous mens pas : je pourrais faire ça toute ma vie plutôt que d’aller à l’école. Cela m’apporte aussi de nouvelles connaissances que ces personnes m’apprennent. »
Ainsi, si Parcoursup peut être une porte d’entrée vers l’engagement, la publication des résultats et la formation choisie ne devraient pas en marquer la fin.
Pour conclure, Parcoursup invite aujourd’hui les lycéens à découvrir l’engagement bénévole — et on peut saluer cet effort, venant d’un outil pourtant largement contesté.
Mais s’engager dépasse largement la logique de l’orientation universitaire. Cela vient des tripes, cela transforme, cela marque par les rencontres et l’expérience vécue, comme en témoigne Noëlatti.
S’engager avant 18 ans, c’est possible, et c’est une expérience précieuse.
S’engager après 18 ans l’est tout autant : pour se forger une expérience en dehors des études ou du travail, et parce que certaines formations reconnaissent aujourd’hui cet engagement, parfois même sous forme de points supplémentaires.